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La règle 3-2-1 : la sauvegarde qui survit à tout

Tous les disques durs meurent. Pas « peuvent mourir » : meurent. Les statistiques publiées chaque trimestre par Backblaze sur plus de 300 000 disques en service donnent un taux de panne moyen de l'ordre de 1 à 2 % par an — et il grimpe nettement passé 4 ou 5 ans. La question n'est donc jamais « mon disque va-t-il lâcher ? » mais « quand il lâchera, qu'est-ce que je perds ? ». La règle 3-2-1 est la réponse la plus simple et la plus robuste à cette question.

En bref

  • 3 copies, 2 supports différents, 1 hors site. Trois chiffres, rien de plus.
  • Le RAID n'est pas une sauvegarde, et la synchronisation cloud non plus : elle réplique aussi les suppressions.
  • Version 2026 : 3-2-1-1-0 — une copie hors ligne ou immuable, et zéro erreur vérifiée.
  • Une sauvegarde jamais restaurée est une hypothèse : testez une restauration chaque trimestre.

La règle, en une phrase

Formulée par le photographe Peter Krogh dans The DAM Book, popularisée depuis par les agences de cybersécurité du monde entier, la règle tient en trois chiffres :

  • 3 copies de vos données — l'original sur votre ordinateur, plus deux sauvegardes. Une seule sauvegarde, c'est une copie qui peut tomber en panne en même temps que l'original (ou juste avant que vous en ayez besoin).
  • 2 supports différents — par exemple le disque interne + un disque externe, ou un NAS + le cloud. Deux copies sur le même disque ne comptent que pour une : quand le disque meurt, elles meurent ensemble.
  • 1 copie hors-site — dans le cloud, ou sur un disque stocké ailleurs (bureau, famille). C'est elle qui survit à l'incendie, au dégât des eaux, au cambriolage… et au rançongiciel qui chiffre tout ce qui est branché.

Pourquoi chaque chiffre compte

Comparaison entre une copie unique et la règle 3-2-1 selon le sinistre
SinistreUne seule copieAvec la règle 3-2-1
Panne du disque dur ou du SSDTout est perdu (ou récupération en labo, coûteuse)On restaure depuis la 2e copie
Suppression ou écrasement accidentelPerdu si on s’en aperçoit trop tardOn reprend une version antérieure
Rançongiciel qui chiffre tout le réseauCopie chiffrée avec le resteLa copie hors-site ou hors-ligne est intacte
Incendie, dégât des eaux, cambriolageL’ordinateur ET le disque de sauvegarde disparaissentLa copie hors-site est ailleurs, par définition

Les deux pièges classiques

  1. « J'ai un RAID, je suis sauvegardé » — non. Le RAID (miroir ou parité) protège contre la panne d'un disque, pas contre la suppression accidentelle, le rançongiciel, le vol ou l'incendie : tout ce qui arrive au volume arrive instantanément à toutes ses copies internes. Un NAS en RAID qui est la seule copie de vos données n'est pas une sauvegarde — c'est un point de défaillance unique avec plusieurs disques dedans.
  2. « Tout est dans OneDrive / Google Drive, je suis sauvegardé » — pas vraiment. La synchronisation réplique vos actions : un fichier supprimé ou chiffré par un rançongiciel est supprimé ou chiffré partout, en quelques secondes. L'historique de versions et la corbeille de ces services rattrapent beaucoup de situations, mais avec des durées de rétention limitées et une restauration en masse laborieuse. La synchronisation est un confort, pas une stratégie de sauvegarde.

La version 2026 : 3-2-1-1-0

Les rançongiciels ont fait évoluer la règle. La variante recommandée aujourd'hui pour les entreprises ajoute deux exigences :

  • 1 copie hors-ligne ou immuable — un disque débranché entre deux sauvegardes, ou une copie que même un administrateur ne peut pas modifier pendant sa durée de rétention (snapshots immuables, stockage objet verrouillé). C'est la parade aux attaques modernes, qui cherchent et détruisent les sauvegardes accessibles avant de chiffrer les données. Nous y consacrons un guide dédié.
  • 0 erreur vérifiée — une sauvegarde qu'on n'a jamais restaurée est une hypothèse, pas une sauvegarde. Testez une restauration réelle (quelques fichiers, puis un dossier complet) au moins une fois par trimestre. C'est au moment du test qu'on découvre le disque plein depuis huit mois, la tâche planifiée désactivée par une mise à jour, ou le mot de passe de chiffrement que personne n'a noté.

Deux montages concrets

Pour un particulier

Un disque externe avec l'outil intégré de votre système (Time Machine sur Mac, Historique des fichiers sur Windows — voir notre guide pas à pas), plus une copie cloud pour les irremplaçables : photos, papiers scannés, documents. Coût : un disque à 60-80 € et quelques euros par mois. C'est déjà du 3-2-1.

Pour un indépendant ou une TPE

Un NAS qui centralise et versionne les postes (voir comment le choisir), une réplication chiffrée vers un cloud européen, des snapshots immuables contre les rançongiciels, et un calendrier de tests de restauration. L'ensemble se met en place en une intervention et tourne ensuite sans y penser — c'est précisément le genre de montage que nous installons et vérifions à domicile.

Vos données ne sont pas encore en 3-2-1 ?

Nous installons et testons votre sauvegarde à domicile — disque externe, NAS ou cloud.

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Questions fréquentes

Que dit exactement la règle 3-2-1 ?
Trois copies de vos données — l'original plus deux sauvegardes ; sur deux supports différents, par exemple un disque interne et un disque externe, ou un NAS et le cloud ; dont une copie hors site, chez un tiers ou dans le cloud. C'est cette dernière qui survit à l'incendie, au dégât des eaux, au cambriolage et au rançongiciel qui chiffre tout ce qui est branché.
Mon NAS en RAID suffit-il comme sauvegarde ?
Non. Le RAID protège de la panne d'un disque, pas de la suppression accidentelle, du rançongiciel, du vol ni de l'incendie : ce qui arrive au volume arrive instantanément à toutes ses copies internes. Un NAS en RAID qui est la seule copie des données est un point de défaillance unique, avec simplement plusieurs disques dedans.
OneDrive ou Google Drive comptent-ils comme sauvegarde ?
Pas vraiment : la synchronisation réplique vos actions. Un fichier supprimé ou chiffré par un rançongiciel l'est partout en quelques secondes. L'historique de versions et la corbeille rattrapent beaucoup de situations, mais avec des durées de rétention limitées et une restauration en masse laborieuse. La synchronisation est un confort, pas une stratégie de sauvegarde.
Qu'ajoute la variante 3-2-1-1-0 ?
Deux exigences nées des rançongiciels. Un « 1 » supplémentaire pour une copie hors ligne ou immuable — un disque débranché entre deux sauvegardes, ou une copie que même un administrateur ne peut modifier pendant sa durée de rétention. Et un « 0 » pour zéro erreur vérifiée : une sauvegarde jamais restaurée est une hypothèse, pas une sauvegarde.
À quelle fréquence faut-il tester une restauration ?
Au moins une fois par trimestre, en restaurant réellement quelques fichiers puis un dossier complet. C'est au moment du test que l'on découvre le disque plein depuis huit mois, la tâche planifiée désactivée par une mise à jour, ou le mot de passe de chiffrement que personne n'a noté.
Combien coûte une sauvegarde 3-2-1 pour un particulier ?
Peu : un disque externe à 60-80 € piloté par l'outil déjà inclus dans le système — Time Machine sur Mac, Historique des fichiers sur Windows — plus quelques euros par mois de cloud pour les irremplaçables, photos, papiers scannés et documents. Cela suffit à satisfaire la règle.
Un disque dur a-t-il vraiment un taux de panne élevé ?
Les statistiques publiées chaque trimestre par Backblaze, sur plus de 300 000 disques en service, donnent un taux de panne moyen de l'ordre de 1 à 2 % par an, qui grimpe nettement passé quatre ou cinq ans. La bonne question n'est donc pas de savoir si un disque lâchera, mais ce que vous perdrez le jour où il lâchera.

Sources

Voir aussi : snapshots et sauvegardes immuables · choisir son NAS · sauvegarder son PC ou son Mac sans NAS · récupération de données : à domicile ou en labo